La commune de Seix en Couserans
Blason de Seix La commune de Seix en Couserans Blason de Seix



Consanguinité ou parentés insolites

Extrait de la Revue Généagenais n°41


En parcourant les registres B.M.S. et N.M.D. de Seix en Ariège qui débutent à 1696, j’ai relevé quelques curiosités de l’état-civil qui pourraient entraîner certaines confusions pour un débutant.


1) Devinez à qui appartiennent ces enfants nés après 1760 ? d’autant plus que le registre comporte certaines lacunes.


seul Raymond Pujol °25-08-1759 est attribué au bon couple car né avant.
- Jeanne Pujol ° ? x 1783
- Jean Pujol °27-12-1760
- Praxède Pujol °17-12-1762
- Marie Pujol °24-01-1763
- Françon Pujol °28-04-1764
- Elisabeth Pujol °~1764 x 1789
- Joseph Pujol °19-06-1765
- Bernard Pujol °~1766 x 1797
- Etienne Pujol °03-03-1767
- Michèle Pujol °~1767 x 1792
- Pierre Pujol °19-01-1769
- Françon Pujol °20-07-1770
- Catherine Pujol °~1771 x 1796
- Jeanne Pujol °~1774 x 1799
- Pierre Pujol °02-01-1777
- Françon Pujol °03-12-1779
En effet, à 15 mois d’intervalle nous avons deux couples aux patronymes parfaitement identiques ! …desquels sont nés : 17 enfants !

Tableau 1

2) Pour continuer cette série, couples identiques et homonymes mariés à des époques différentes mais qui ont du se croiser et même se fréquenter :

Tableau 2

Là encore, avec ces deux couples : même question, à qui appartiennent les enfants nés après 1809 ? ils sont moins nombreux.
Heureusement que nous avons une mention spécifique de la région et qui nous aide pour notre enquête, chaque individu possède un surnom !

3) Autre remarques
Le 3e Riu Raymond est le petit-fils du premier !
Les descendants des couples 1 et 2 s’uniront à leur tour en 1844 !
Comme on peut le constater, le patronyme écrit : Riu / Riou/ Rieu suivant les époques et les différents scribes, est particulièrement fréquent et rependu à Seix.

4) Le mariage du deuxième Riu Raymond ci-dessus est un cas d’isonymie, (les 4 grands-parents portent le même nom) en effet voici la présentation de l’arbre à partir de leurs enfants :

Tableau 3

5) Autre cas d’isonymie :

Tableau 4

6) Et ce n’est pas fini, voici le records :
les 8 arrières-grands-parents portent le même patronyme !

Tableau 5

Là, nous avons un schéma d’arbre idéal pour une représentation classique, mais dans la réalité si nous voulions représenter les frères et sœurs de chacun (et ils sont nombreux !) ainsi que leurs alliances, celui-ci deviendrait vite illisible, car nous avons d’autres couples « Riu » qui se sont formés entre eux, par exemple :
La sœur cadette de Raymond *, (Marguerite) se marie en 1809 avec le frère aîné de Catherine* (Raymond).
Le frère cadet de Joseph ü, (Bertrand) épouse en 1810 la nièce d’Isabeau ü dénommée aussi Isabeau Riu.
Le frère aîné de Joseph §, (Etienne) épouse en 1764 (Anne) la sœur aînée de Marion §,
une fille de ce couple (Marguerite) épouse en 1788 un Joseph Riu « Bernadeu ». Le frère aîné (Joseph) de Marion § épouse en 1763 Jeanne Riu issue d’une autre famille dite « Lardé » et ce n’est pas terminé car son frère cadet (Jean) épouse en 1772 une Marion Riu « Lardé » dont le neveu Etienne Riu « Lardé » épousera lui aussi en 1803 une Marguerite Riu « Nazet » issue de la branche « Berduc ». De plus, Marion § a pour oncle et tante le couple en 14/15 de l’arbre.
Le frère aîné de Raymond ? (Jean) épouse en 1753 Jeanne Riu « Berduc » et sa sœur cadette (Isabeau) épouse le même jour Jean Riu « Berduc », les frères et sœurs de sa femme Marguerite ?.
J’arrête là ! mais pour ceux qui voudraient savoir, l’imbroglio continue…

7) L’isonymie n’est pas que chez les « Riu », en effet :

Tableau 6

Devant une telle multitude de noms et prénoms identiques, pour s’y reconnaître, au cours des temps passés chaque branche d’une même famille s’est vue affublée d’un surnom (hélas, pas toujours mentionné dans les actes !) qui deviendra presque héréditaire. Je dis presque, car ce n’était pas toujours la règle, d’autres facteurs entraient en jeu.

Par exemple :

- Le fils adoptait en surnom le prénom du père et nombreux sont les « Jousépou » , « Miqueu », « Peyrot », « Bernadeu », « de Pey », « de Roch », « de Jacques », « de Bertrand », « de Girons », « de Lucie » etc…

- Un gendre qui rentrait dans une nouvelle famille, perdait bien souvent son surnom et adoptait celui de son beau-père.

- Un des enfants pouvait présenter une particularité physique ou avoir fait quelque exploit… comme on le constate les possibilités sont grandes.

Ce qui fait que plusieurs frères pouvaient avoir des surnoms différents !…

Beaucoup de ces surnoms sont de consonance et dérivés du patois local (Gascon) ce qui prouve que leur adoption est moins ancienne que le patronyme, d’ailleurs en consultant les registres à plusieurs reprises j’ai constaté l’adoption d’un nouveau surnom au sein d’une même lignée pour différencier plusieurs frères.

Voici quelques familles aux surnoms curieux :

- Andreu « Impérial » (bien avant l’arrivée de Napoléon)
- Dougnac « Charlemagne »
- Gaston « Roy » (le roi de quoi ?)
- Garrabé « Carrabin »
- Andreu « Boussut » (transmis en 1747 aux Pujol)
- Gaston « Toscane » (avait-il fait un voyage jusque là bas ?)
- Andreu « Flamant » (transmis aux Riu et aux Sérée en 1781)
- Commenge « Cossou » (était-il riche ?)
- Commenge « Petitou » (petit de taille ou le plus jeune ?)
- Gaston « Capblanc » (les cheveux blancs)
- Gaston « Beillo » (plus beau que son père dit « Millet » ?)
- Gaston « Maudit » (alors que son père était dit « Bourrepaux » et habitait le hameau appelé de nos jours « Bonrepos »)
- Gaston « Bonhomme »
- Laporte « Piquedesquet » (normal, c’est une famille de forgerons)
- Veyrière « Payroulé » (normal aussi ce sont des chaudronniers)
- Peyre « Patience » (qualificatif transmis en 1790 aux Sillère puis aux Coumes en 1832)
- Pujol « Latour »
- Raufaste « Nazet » (qui vient du nez)
- Pujol « Conseillé »
- Riu « Mère » ou « Maire »
- Gaston « Jutgé »
- Rogale « Nadau » (de noël)
etc…

8) Reprenons l’arbre aux 8 « Riu » ci-dessus en ne mentionnant cette fois-ci que les surnoms :

Tableau 7

En comparant les 8 arrières grands-parents nous voyons bien qu’il y avait une extrême consanguinité car nous retrouvons 2 fois le surnom « Berduc » et 2 fois celui de « de Pey » tout en sachant aussi que le couple Berduc/Quartier est parent du 3e au 4e et que celui Mariat/de Pey l’est au 4e !

9) Au recensement de 1820 sur 499 familles représentant 3 497 habitants, il n’y a que 120 patronymes différents dont 62 sont portés uniquement par une famille et les 58 restant le sont par plusieurs.

Les dix patronymes les plus répandus sont :
Rieu = 77 familles.
Gaston = 47
Pujol = 45
Ces trois patronymes représentent à eux seul plus du tiers de la population de Seix !
Raufaste = 27
Cours = 22
Faup = 21
Dougnac = 20
Barrau = 17
Bielle = 16
Andreu = 15


Comme les ascendants de ma grand-mère Catherine Commenge portent les patronymes Gaston, Dougnac, Cours, Riu, Pujol, etc…vous comprendrez maintenant pourquoi je me suis tant attardé et passionné par cette recherche sur les Seixois !

Jean-Pierre VERDIER



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